Le genre Aulonocara Regan, 1922Description officielle du genre : Regan, C. T. 1922 (janvier) - The cichlid fishes of Lake Nyassa. Proceedings of the General Meetings for Scientific Business of the Zoological Society of London 1921 (pt 4) (no. 36): 675-727, Pls. 1-6.
L'espèce type est Aulonocara nyassae Regan, 1922. Aulonocara est un genre neutre, indifféremment féminin ou masculin.
Etymologiquement, le nom du genre vient de "aulon" qui signifie "canal" et "kara" pour la "tête", en référence à la présence des canaux sur la tête.
Le genre Aulonocara est endémique du lac Malawi. Il possède certainement un ancêtre commun avec les Lethrinops et Alticopus, avec qui ils formeraient un groupe intermédiaire entre les Mbunas et les Haplochrominien, certains pensant même qu'il soit plus proche des Mbunas que des Haplos.

Mâle Aulonocara nyassae, l'espèce type, fraichement capturé à Mazinzi Reef, photographié par Ad Konings
Les Aulonocara sont caractérisés par la présences de pores (ouvertures) hypertrophiés sur le crâne et les joues. Ces pores sont vraisemblablement reliés avec les terminaisons de la ligne latérale, complétant le système de détection des pressions. Les genres Alticorpus et Trematocranus possèdent également des "oreilles" du même type. Ces organes sont utilisés pour détecter des proies et aucune espèce ne les a développé comme système d'alarme leur permettant de détecter des prédateurs à une distance plus importante que la normale.
Le patron mélanique est discret et composé de barres, qui selon l'humeur sont plus ou moins prononcées. La couleur dominante est le bleu, parfois le jaune. Les femelles, légèrement plus petite que les mâles, sont grises à brunes, avec quelques marques spécifiques.
De nombreuses espèces présentent de nombreuses variétés géographiques, principalement chez Aulonocara stuartgranti et Au. jacobfreibergi.
Certaines espèces ont une position incertaine dans le genre : Aulonocara auditor , Au. brevirostris et Au. trematocephala. De nombreuses espèces restent à décrire scientifiquement.
Les Aulonocara sont répartis en 2 groupes d'espèces en fonction de leur habitats.
Le premier groupe comprend les espèces sabulicoles, vivant sur les fonds sablonneux et rarement rencontrés sur les fonds mixtes (zone intermédiaire), comme Aulonocara aquilonium, Au. brevinidus, Au. gertrudae, Au. guentheri, Au. nyassae (l'espèce type), Au. rostratum, Au. sp. "nyassae mumbo", Aulonocara sp. "pyramid", ainsi que Au. auditor dont la position dans le genre est incertaine. Les espèces de ce groupe sont les plus grands, avec une longueur pouvant atteindre 12 à 20cm. Leurs pores sensoriels suborbitaires sont plus développés que pour le second groupe.
Le second groupe est composé d'espèces pétricoles, principalement inféodées à l'habitat intermédiaire et sa zone rocheuse. Ce groupe peut également être séparé avec les espèces cavernicoles (Aulonocara jacobfreibergi) et les espèces de la zone mixte.
Plus petites (de 10 à 13 cm dans la nature), les espèces pétricoles sont nettement plus distribuées dans le commerce aquariophile que les espèces sabulicoles.
Les Aulonocara se nourrissent de petits crustacés ou larves d'insectes. Comme un sonar, les pores céphaliques leur permettent de détecter le moindre mouvement perceptible dans le sable. Dans leur milieu naturel, les Aulonocara se nourrissent donc en "écoutant" le substrat qui jonche leur habitat. Ils restent immobiles pendant plusieurs minutes à quelques centimètres du sol et dès qu'ils repèrent ("entendent") un petit crustacé ou une larve d'insecte, ils plongent la tête dans le sol et attrapent leur proie. En mâchant, la bouchée de sable est séparée de la proie et expulsée par les ouïes ou recrachée.
En aquarium, ce comportement n'est pas reproduit, certainement en l'absence de proies ensablées. Bien qu'ils acceptent tout type de nourriture, les nourritures à bases de petits crustacés (artémias, krill, mysis, daphnies..) sont à privilégier. Ils seront nourris parcimonieusement.
La maintenance s'effectue dans des bacs d'au moins 250 litres, une base de 100x60 est idéal. Le décor doit être typique du bac Malawi, avec une ou plusieurs zones rocheuses et des plages de sable fin. La mise en place de plantes ne pose pas de problèmes, ces dernières n'étant pas malmenées par les espèces du genre.
En général, les Aulonocara ont un comportement interspécifique calme. Toutefois, A. jacobfeibergi pourra avoir un comportement affirmé vis avis d'autres espèces. Pour éviter tout stress, la cohabitation s'effectuera de préférence avec des non-mbunas calmes (Copadichromis, Letrinops, Othopharynx, Protomelas...). Sinon, il conviendra de porter une attention sur le choix des Mbunas en s'orientant sur des espèces peu turbulentes (Maylandia livingstonii par exemple).
Le comportement interspécifique est plus affirmé, notamment entre mâles. Même si parfois il ne sont pas très doux, ils n'ont pas un réel comportement agressif. Un mâle sera maintenu en compagnie de plusieurs femelles, surtout pour les espèces les plus vives. Les espèces à faire cohabiter doivent être choisies avec des patrons mélaniques très différents, tant pour les mêles que pour les femelles.
Les Aulonocara sont sensibles aux fortes chaleurs et supportent mal une température supérieure à 30°. Par contre, ils tolèrent bien une baisse de température jusqu'à 15°. Une régulation de la température, entre 22 et 25° lui conviendra très bien. Et une attention particulière sera à porter l'été, en période de canicule. Un refroidissement de l'eau peut s'avérer nécessaire, voir déplacer les poissons dans un bac situé dans un local plus frai (cave).
Comme il est de coutumes chez les Cichlidés du lac, les espèces du genre Aulonocara sont des incubateurs buccaux maternels. La ponte a lieu en T.
Comme c'est le cas chez de nombreuses espèces proches, il faut faire attention au risque d'hybridation, surtout avec les femelles de certaines espèces qui peuvent facilement êtres confondues.
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